La tyranie déguisée en démocratie

On a beau faire toutes les élections du monde mais quand le coeur n’y est pas et la transparence est absente il ne s’agira que de l’ombre facétieuse de la démocratie. L’egypte emboîtant le pas à la côte d’Ivoire vient de corroborer ,à travers les fraudes massives qu’ont connues ses élections législatives, que la démocratie n’est pas pour demain en Afrique. Le parti au pouvoir toujours avide et gourmand n’entend pas lacher le régne, et tous les moyens pour celà sont bons. Hosni Mobarek après plus d’un quart de siècle à la tête de l’état persiste à garder son omnipotence et sa mainmise sur le pays et à en faire un héritage familial pour son fils Jamal qu’il a placé d’ores et déjà à la tête de son parti majoritaire « PND » le Parti National Démocrate. Le dimanche 05/12/2010, les égyptiens ont été appelé a désigner leurs députés au parlement, dans une ambiance très tendue. Car en effet, quelques mois avant cette date fatidique, tous les services de l’état qui sont à la solde de Mobarek ont installé une véritable terreur, mettant en garde, tantôt par des menaces, tantôt par des pratiques honteuses, les opposants et tous ceux qui militent pour des élections propres. Ce qui s’est traduit par un taux d’abstention signficatif et le retrait des listes électorales des opposants. Il est évident que la stratégie de Mobarek a amené ses fruits, le découragement des égyptiens, leurs desintérêt de la politique, la répression exercée sur les opposants qui ne veulent pas se rallier et le muselage de la presse satirique ont préparé le terrain au PND pour gagner sans brusquerie les élections législatives. Pendant ce temps, des masses d’égyptiens, vivotent dans la faim et collectent leurs victuailles dans les cimtières et les anarchiques décharges publiques. Il est triste de constater que, malgré les ressources de tout genre dont bénéficie l’egypte, les egyptiens souffrent encore aujourd’hui. Leur peine est double, d’un côté ils subissent la privation et la pauvreté quotidienneement  d’un autre côté ils sont l’objet d’humiliation et d’oppression systématiques. Mobarek veut faire de l’egypte une monarchie de type pharaonique ou le pays et ses richesses sont entièrement à la disposition du roi et l’etat avec ses serviteurs sont ses mousquetaires et ses sbires, le peuple n’y est qu’une masse compacte imposable par toutes sortes de taxes indûes. Le système voulu et réalisé par Mobarek est hiérarchique. Lui et sa famille au sens large du terme à la tête, une classe de riches et de préviligiés qui lui sont fidèles et qui occupent les postes stratégiques et décisifs de l’état au milieu, enfin le peuple qui forme la majorité écrasante et qui se tient complétement à sa merci. Cette véritable tyranie s’habille en démocratie non pas pour tromper le peuple dont elle a cure, mais uniquement pour satisfaire les grandes puissances qui imposent, s’il on veut traiter avec elles, un visage démocratique. L’egypte comme beaucoup de pays africains, malgré les avancées de notre époque, plonge dans un obscurantisme sanglant. Les tyrans, les guerres, la violence, la famine et la pauvreté. Les peuples  ne peuvent plus respirer, les suppôts de la terreur fleurissent de partout comme les plantes venineuses à l’assaut d’une belle forêt vierge. La démocratie, le justice et la liberté ne sont que des slogans d’occasions vides de toutes substances. Plus dramatique est le fatalisme avec lequel certains peuples accueillent cet obscurantisme. Certains diront que dès qu’on parle de l’Afrique on exagère, d’autres on minimise. Il ne faut pas mesurer le bien être d’un peuple par rapport à ce qu’il a mais à ce qu’il est. L’afrique a les outils du monde moderne mais n’est point moderne, car la modernité est un esprit et une lumière qui traversent la société de haut en bas et de bas en haut. Malheureusement les pays de l’afrique ne sont que des corps perdus et aveugles noyés dans la logique antédiluvienne de la violence et du matérialisme sans âme.   

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