Cri du coeur dans les larmes d’une plume

Ma plume me reprochait ce matin l’agitation fébrile de ma main qui rentre en transe à chaque vibration de mon âme. Elle se désoriente et se perd dans une danse maladroite, qui essaime des colonies de mots et de verbes désarticulés telle une armée sans ordre. Sur un terrain vierge elle mène des batailles et marque de son encre des territoires sans fin. Mais elle chancele et quelque fois trébuche laissant sur son passage des corps informes et sans âmes. Elle se bat et soutient la main pour accoucher d’une lumière et ne pas mourir en vain. Mais la main tergiverse et se doute, elle ne sait point ce qu’elle rajoute, un engourdissement lui ankylose sa fougue et l’empêche de danser aux chants et odes de l’âme. La main se lamente et à la plume ne transmet rien, et la plume s’énerve et depuis elle n’écrit point. Mais qu’est ce qui te prend? Tu deviens froide? A-tu oublié toute les douces caresses et les étreintes dont tu me fais grâce chaque matin? La main triste, ne comprend plus rien, l’envi l’a quittée et ne frétille point. D’un geste désolé elle effleure la plume, je suis incapable de comprendre la vie et à te faire valser je n’ai plus envie. Peut être que mon sort est de flirter avec la pierre, de balayer, de conduire ou de ne rien faire. Traitresse, fourbe s’emporte la plume, As-tu oublié notre amour et nos rêves de toutes les nuits? A-tu abandonné nos projets si chèrs de marquer le monde, d’éclairer l’esprit que notre harmonie sonde? Ne me méprends pas, pleure la main, tu es bien plus noble que les lâches doigts qui t’étreigne. Tu as été la meilleure compagne des âmes supérieures, et les grands esprits t’ont donné le meilleur.  Je ne veux pas te rabaisser à ma médiocrité et salir ton image, usurper le titre d’écrivain et prétendre être sage. Vois-tu d’ou vient ma stupeur mon ami, mon miroir, c’est d’être humilié dans un milieu dont je maitrise point l’art. Ne pleures pas, très chère main, crie l’esprit. Ce n’est ni ta faute ni celle de la plume. Toi tu mérites toutes les louanges et les éloges du monde, tu as libéré l’homme de sa bestialité première et t’as fais de sa vie un songe. Tu l’as tiré du régne des primates et tu l’a jeté dans le monde des anges. Tu lui as appris que la vie ne se trouve pas seulement dans ce qu’on mange, mais dans ce qu’on médite, on pense et on fabrique en échange. Tu es le premier étendard de l’humanité, qui a flotté dans le ciel bleu de la terre. Tu as annoncé l’arrivée d’une entité, qui changera à jamais la face du monde. Personne ne se doute de tes bienfaits, et tes erreurs viennent de celui qui te commande. Oh! mon amie la plume, à la main, ne reproches rien, elle n’est que messagère de l’esprit de l’hominien. Celui dont la nature a tressailli à sa naissance, les arbres, les animaux, les mers et l’existence. Il agite la main et la torture et à ses trépidations, toi tu danses. La main a donné naissance à l’homme et tu as inauguré l’histoire, elle lui a insufflé l’esprit et toi sa mémoire. Quoi de plus noble que vos deux, de tout son génie vous êtes sa gloire. Mais alors d’ou vient la déchéance? Pourquoi cette tristesse et toutes ces doléances? C’est l’homme et son esprit qui s’agitent sans cesse, les questions de la vie tourmentent sa finesse. Tantôt confiant de la terre il se fait maître, tantôt abbatu il souhaite disparaître. L’homme est le mélange de cette grandeur et cette faiblesse, voilà ma chère plume pourquoi toute cette indélicatesse. Pardonnes moi si, ta fierté et ton orgueil, je blesse, c’est mon ignorance d’homme qui ,de se turlupiner, ne cesse. La plume j’aime ta compagnie, quand je pleure tu sais me consoler. Ta danse sublime est entre mes doigts une féerie, ta silhouette légère réveille la magie. Combien d’heureux ils t’ont aimé, et à leur amour tu as toujours réagi. Hugo de ses poemes, il t’a fait rayonner, nul n’a besoin de dire combien tu as chéri Hernani. Ou AbdelKader dans sa bohème, de ton agilité il a su subjuguer. Restes dans mes mains et ne me quittes jamais, car sans toi je me sentirai banni.  

 

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