Le pouvoir, une affaire de famille.

Ibn khaldoun qu’on qualifie d’opportuniste et d’habitué de cour qui déjeune avec un roi et dîne avec son ennemi, est aussi un génie très en avance de son temps. L’intelligente et pointilleuse analyse qu’il a faite sur la naissance et la chute des états n’était pas seulement un portrait de son époque. Elle est aussi le fondement d’une théorie prodigieuse qui a cherché au fond de la nature humaine les lois subjectives qui produisent dans l’homme l’envie de batir et de détruire. Avec sa assabiya, Esprit clanique, ce penseur a pu  éclairé une complexité historique qui a vu naître un cycle tumultueux marqué alternativement par la floraison des nations et leur évanouissement.

La théorie d’Ibn khaldoun n’a étrangement rien perdu de sa fraîcheur, elle s’applique encore plus en détail sur notre époque que sur la sienne. Cet esprit clanique qui tire sa force d’un lien de sang ou de clientélisme explique même aujourd’hui comment des hommes en un laps de temps très court se hissent dans les plus hautes sphère du pouvoir et deviennent des hommes excessivement puissants. Ils s’arrogent tous les droits même celui de la mort et de la vie et se permettent tous les abus et arrivent bien à se maintenir parfois longtemps au sommet des états.

Dans une dictature ce n’est pas le despote qui représente le grand danger, c’est son clan avec qui il partage les privilèges de sa position. Dans les pays du sud ou les états sont autoritaires, c’est toujours cette assabiya mafieuse qui s’accapare du pouvoir, défend cruellement son représentant et se lie indéfictiblement au tour de lui. Elle se bat comme une fauve contre tous ceux qui songe à s’enprendre à son symbole-privilège. Elle a une allergie très sensible aux mots changement et révolution. Mais généralement cet esprit clanique ne peut être éliminé et vaincu que par un autre esprit clanique fort et plus soudé et qui n’est pas encore usé par la luxure et le confort. Au fond le pouvoir est le combat des clans. L’hétérogéneité du peuple joue beaucoup en faveur de l’hégémonie clanique. Même dans les nouvelles démocraties cet esprit tranparaît dans la cohésion partisane et l’effet du nom de famille. L’esprit clanique introduit dans les états, l’amour, l’attachement, la fidélité, la trahison, l’assassinat et l’éclatement. Pour redresser un etat, il faut d’abord le laver de cet esprit.   

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