Un droit de retard à l’algérienne

Le chef du gouvernement algérien, Ahmed Ouyahia, dans un discours plein d’obtimisme à l’assemblée nationale a évoqué un droit de retard pour justifier le ralentissement et la lenteur dont souffrent la majorité des projets publiques de développement en Algérie. Ce dernier, vient de créer un droit dans lequel l’état peut se réfugier et faire passer sa médiocrité et son incompétence. Pourtant, d’habitude, les politiciens recourent au mensonges et à l’affectation. Justifier un défaut est tout à fait nouveau, ce qui d’ailleurs peut valoir à M. Ouyahia la formule politique la plus incongrue de l’année. Mais au delà du non sens de cette formule, le silence et le peu de réactions des médias est consternant. On ne peut considérer anodine cette déclaration d’une haute autorité de l’état qui de plus est. Car c’est une sorte d’autorisation que certains peuvent s’octroyer pour défendre leur inéfficacité. On peut concéder au premier ministre que le trouble qui a ravagé le pays pendant toute une décennie a cruellement amputé le progrès en Algérie. Mais à en faire un prétexte pour dissimuler des dysfonctionnements est peu convaincant. Le retard peut être un motif ou une gêne mais pas un justificatif. M. Ouyahia est nommé pour réaliser une feuille de route, il dispose d’un mandat et de moyens considérables pour celà. On n’attend pas de lui des géréméiades, mais des résultats. Mais malheureusement les résultats peinent à se faire sentir. Le droit de retard que le gouvernement s’est luxueusement offert est inacceptable, car chaque instant de retard dans l’amélioration du quotidien des algériens particuliérement des jeunes est un prolongement de la misère et du mal-être.

A cette formule M. Ouyahia a ajouté non sans fierté »un chez nous » souverain, pour montrer je ne sais à qui, que l’Agérie peut faire ce qu’elle veut, quand elle veut et où elle veut chez elle. Il demeure cependant énigmatique à qui le premier ministre l’adresse. Peut être, aux opposants qui ne cessent, tout au long des sessions parlementaires, de lui rappeler que les délais sont continuellement transgressés, ou à la presse étrangère qui pointe du doigt le retard de l’Algérie malgré les moyens dont elle dispose? On ne sait rien. Il reste cependant clair que cette expression dévoile l’insoucience des diregeants algériens et leur intouchabilité. Ils gèrent lamentablement un des plus grands pays de l’Afrique, une nation qui sans leur incompétence et leur médiocrité aurait pu et pourrait être une puissance sans égale en Afrique.

On ne peut pas donner raison à Monsieur Ouyahia et on ne peut non plus cautionner une politique qui se justifie. Le peuple demande une politique active qui agit et travaille sans relâche pour rattraper le retard dont souffre le pays. Les projets doivent être menés d’une main de fer et les marges d’erreur et de retard doivent être très ténues. Le monde Avance à toute allure et l’Algérie ne peut pas et ne doit pas stagner en queue du peloton. Par ailleurs, l’inertie, du parlement, à quelques exceptions près face à ces propos sous prétexte de stupide solidarité avec le gouvernement, est une preuve de plus de l’inaptitude des prétendus représentants du peuple. Le parlement, cette crèche des faignants, est indigne d’un grand peuple et d’une grande nation. Ils se querellent uniquement quand il s’agit de noms ou de symboles. Les idées éfficaces et concrétes leur viennent rarement à l’esprit, le plus important pour eux est d’occuper et de représenter les institutions. Les faire fonctionner convenablement et professionnellement n’est jamais à l’ordre du jour. L’Algérie n’est qu’un nom qu’ils flattent et chantent dans une insidieuse mélodie de patriotisme. D’aucun n’a la digne idée de la grandeur. Les ventres pour celà passent en priorité.

On ne peut pas construire une grandeur avec des bras cassés, des politiciens complexés et des esprits inférieurs. Les grandes nations se construisent de deux manières. Avec des grands hommes, forts, dignes et courageux ou avec des peuples braves, hardis et ambitieux. Les uns peuvent charrier les autres. Mais souvent se sont quelques esprits nobles qui tirent leurs peuples vers la dignité et la grandeur. Ceux là manquent forcément quand un pays est riche de ressources naturelles et humaines mais misérable dans son état.  

 

             

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