• Accueil
  • > Non classé
  • > Les jeunes réclament du respect, les politiciens répondent par le mépris.

Les jeunes réclament du respect, les politiciens répondent par le mépris.

Complexe est le cas de l’Algérie. Depuis la fin des années soixante dix, les protestations et les soulèvements populaires se sont succédés sans qu’aucun n’ait pu venir à bout du régime autoritaire qui gouverne d’une main de fer le pays depuis l’indépendance. Dans d’autres pays, comme l’Argentine et le Brésil qui ont connu des régimes sanguinaires, il a suffit de vingt ans pour que les peuples aient arraché la liberté et puni leurs tyrans. Mais alors, qu’est ce qui explique la persistance, depuis un demi siècle, du régime corrompu en Algérie ? Quand on observe de près le systéme politique on se rend tout de suite compte que le régime a su surnager à tous les tremblements sociaux en infiltrant la société. Le régime a en effet compris qu’il fallait pour survivre créer des serviteurs dévoués et des acteurs sociaux fidèles qui savent contrecarrer à chaque grogne sociale les citoyens révoltés. En d’autres termes, il a su fracturer la société. Raison pour laquelle les mouvements sociaux ne durent pas longtemps et souvent ils sont inéfficaces. En algérie, tout le monde sait que le pays va mal sur le plan politique, la corruption et les maneouvres politiciennes et militaristes est un secret de polichinelle. Mais les gens croient par déséspoir que ce mal est comme un concert qui habite la nature profonde de l’état. Difficile d’en guérir. Au point ou certains ne voient dans les mots changement ou révolution qu’un murmure ou un mirage qu’un simple vent de réalité peut faire sans peine disparaître. Le chômage des jeunes, l’immigration illégale, les injustices sociales, la midiocrité politique, l’économie de l’arbitraire, la corruption……. sont devenus des phénomènes tout à fait normaux. Les gens et même la presse s’y sont habitués. Mais ce silence parfois éclate et laisse place à la colère qui ne peut plus se retenir. Ce qui se traduit par des affrontements violents entre les forces de l’ordre et les citoyens algériens. Les manifestations qui se déroulent en ce moment même dans les différentes régions du pays en est une illustration poignante. Officiellement c’est la hausse exorbitante des prix des aliments de première nécessité qui a soulevé toute cette vague de protestation dont on connait pas encore le bilan. Mais au fond, cette cause n’est que la goutte qui a fait déborder le vase. C’est, en réalité, le même ras le bol de 1980,1988,2001…..etc qui revient aujourd’hui. Rien n’a changé pour les algériens. Bien sûr, au lieu d’aller à la rencontre de leurs citoyens et de répondre concrétement à leurs inquiétudes par des mesures plus structurelles que conjoncturelles, les hommes politiques par médias interposés ont dénoncé des actes inciviques et, comme d’habitude, la main invisible de l’étranger. Fidel à ses méthodes anciennes, l’état fait savoir son insolente indignation et monte les citoyens les uns contre les autres pour casser l’élan que prend le mouvement social. Inutile de dire qu’il préfère diviser pour contrôler que de résoudre les problèmes de fond dont souffrent les algériens. Il n’est pas à écarter que certaines parties étrangères tireraient profit de l’affaiblissement de l’état, et qu’ils seraient tenté de marchander des intérêts en contre-partie de leur silence. J’irai jusqu’à dire que ces mouvements de contestations pourraient même être alimentés par des comploteurs étrangers et nationaux. Mais il ne faut pas rester sur ces conjectures pour expliquer le la colère da la rue, car même si des étrangers guettent les moindres affaiblissement et enlisement de l’état pour se livrer au chantage, la responsabilité revient entiérement à l’état. Si le peuple aujourd’hui se révolte, c’est parceque l’état l’a longtemps marginalisé. Ce traitement méprisant attise le ressentiment des citoyens et les prédisposent à la désobéissance. C’est le rôle de l’état de gagner le coeur de ces citoyens et leur fidélité en étant juste, ouvert et équitable. Il ne peut attendre du civisme et de l’ordre de leur part, quand le smic stagne à 100 Euro par mois, il ne peut les accuser d’anarchistes quand 30% de la jeunesse algérienne est sans travail, il ne peut pas leur faire des cours de patriotisme quand presque 90% d’algériens vivotent dans la privation et 10% dans le superflu. Un état digne est celui qui se bat pour la dignité de ces citoyens, leur image dans le monde et auprès d’autres nations, or aujourd’hui le terme Algérie ou algériens ne suscitent que corruption, harraga, guerre civile, terrorisme……..L’image de l’Algérie est noircie par un régime fauve soucieux de garder ses privilèges au détriment de tout un peuple. Si le terrorisme a trompé des jeunes et les a enrolé dans son engrenage meurtrier c’est à cause de la démission de l’état. Si des étrangers auraient manipulé des jeunes algériens c’est parceque l’état n’a pas su les réunir et leur faire aimer leur pays. En définitive seul l’état assume la résponsabilité de ces mouvements contestataires, discutables certes dans la forme, mais très légitimes sur le fond. L’état a failli parcequ’il a gardé la même structure que lui a laissé l’époque coloniale, caractérisé par la discrimination et le privilège. Il doit s’algérianiser, se démocratiser réellement et se populariser. L’état algérien, il est temps, doit renaître de la seule volonté du peuple, par le peuple et pour le peuple. Le régime et sa forme actuelle ne peuvent plus durer. Les algériens demandent qu’on les respecte, qu’on entende leurs voix et qu’on arrete de les mépriser. Ils veulent que leurs dirigeants leur ressemblent et soient de fermes et honnêtes défenseurs de l’intêrét général. Contrairement à ce qu’on destille par-ci par-là, ils aiment profondément leur pays, et sont convaincu qu’il n’a pas vocation à être pauvre et sous développé.               

Commentaires:

Laisser un commentaire

«
»